Rencontre à Nemetocenna

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Rencontre à Nemetocenna

Message par Archibald le Mar 16 Nov - 10:12

ARCHIBALD

Un jour où Archibald trainait sur un champs de bataille en terre grec, fouillant et pillant les guerriers grecs morts au combat, il trouva, dans les corps calciné, celui d'un cavalier macédonien qu'il avait lui-même exécuté d'un puissant coup de hache. C'est alors qu'un objet attira son attention: un livre, écrit en grec. Archibald s'en saisi et se mit à le lire: ses quelques notions de grec lui permit de comprendre:


"Pto... petolé... J'y suis, Ptolémée !! Mais c'est bien fait comme livre... Quel grand géographe ce Ptolémée... Alors si je comprend bien, moi, je viens de ce coin là..."

Montrant sur la carte le pays Carnute.

"Et là, c'est quoi? euh? Neme...quoi ? Neme... Nemetacum !! euh, non, en gaulois ca donne Nemetocenna, et c'est en pays Atrébate... Bon, je pourrais y aller un de ces jours passer quelques vacances, toutes ces guerres m'épuisent. Et puis quand même Nemetocenna, ou lieu sacré !! Ça doit être une belle ville !"

Et c'est ainsi qu'Archibald découvrit la géographie et les différents peuples de Gaules. Et c'est toujours grâce à son précieux livre que quelques semaines plus tard, nous retrouvons notre cher Archibald au milieu de la place de Nemetocenna, chargé de quelques amphores de cervoise, car comme dit notre bon Archibald, "on est jamais trop prudent avec la cervoise", ou encore, "la cervoise c'est vitale", ou la célèbre "qui veut voyager loin ménage sa cervoise"...
Une fois arrivé à Nemetocenna, Archibald fut frappé par la beauté de cette petit bourgade, comme coincée entre deux rivières, la Scarpe et le Crinchon:


"Mon dieu, ma petite Eponna que c'est joli ici !!! Que de fleurs que de fleurs au balcon... Ça mériterai un prix... Qu'on pourrait appeler la Prix Archibald de la ville fleurie. Et là, je donnerai facilement quatre étoiles !! Ou.. Ou plutôt quatre fleurs !!!"

Archibald qui riait au éclats était loin d'imaginer que son idée sera repris plus de deux milles ans plus tard.... Puis, comme il venait d'arriver et que le voyage avait été rude, il s'assit au bord d'une des rivières et déboucha une amphore.


[HRP: d'avance toutes mes confuses:
Ptolémée: deuxième siècle aprés JC...
sinon
nemetacum: Arras
atrebates: artois

La suite au prochain numéro.
]

Une fois correctement rassasié, un bon morceau de sangliers, deux ou trois amphores vidées et Archibald reprit sa promenade dans cette petite ville de Nemetocenna, donc l'architecture celtes se faisait fortement remarqué. Puis, au détour d'une ruelle, Archibald arriva aux frontières de la ville: les habitations se firent plus rares et notre Gaulois entra dans un bois, une forêt extrêmement sombre, tranchant avec le soleil qui illuminait la ville. Il se retrouva alors au milieux d'une forêt de chênes courbées par les siècles, et du sein desquels s'échappaient de légers murmures...

"Par Eponna, où suis-je, d'où vient ce murmure que j'entend? Ces arbres sont-ils magiques? Cela me rappelle une vieille guerre menée bien loin d'ici, en grèce plus précisément."

Archibald tenta de réunir ces souvenirs, mais a-t'il déjà était témoin une telle chose... Et soudain:

"Mais bien sûr !!!! A Dodone, je me souviens de ce sanctuaire dédié a ce Dieu grec.. Le grand barbu qui lance des éclairs...."

Archibald réflichit et enfin:

"Zeux, c'est ça: un sanctuaire dédié à Zeus et... à leur déesse-mère. Je serai donc dans une sorte de sanctuaire gaulois... Un peu comme à Dodone. Mais par Eponna, est-ce que les artrébates du coin sont au courant d'un tel lieu de culte naturel."

Archibald se mit donc à chercher dans la forêt la trace d'un oracle, prêtres ou prêtresse s'intéressant à cette forêt sacrée.

CALIE

« bevani eyh apirb coudgra sto… euh, non… encore raté… fichue magie ! »

Au beau milieu de la forêt de Nemetocenna, Calie était la seule détentrice de ce qu’on appelait communément la Lumière, les reliquats de la magie introduite sur ces terres d’Atrebates par ses ancêtres Celtes. Du moins elle était la seule depuis la mystérieuse disparition du Grand Prêtre, qui assurait alors sa formation, mais c’était une autre histoire. Et effectivement, la formation de Calie aurait mérité encore quelques efforts…

« Bon, je vais essayer une formule plus simple : changer l’eau en vin, au moins personne ne viendra me piquer cette idée. Où est-ce que j’ai mis mon manuel de magie culinaire ?... »

Soudain Calie entendit un bruit de feuilles et de branches foulées au dehors de sa hutte. Elle pensa immédiatement qu’il ne pouvait s’agir que d’un sanglier, en effet les villageois des alentours s’aventuraient rarement aussi profondément dans la forêt par crainte des loups, des esprits malins de la forêt… et des sorts de magie plus ou moins maîtrisés qui terrorisaient tout le monde autant que toutes les autres causes réunies. Même les brigands avaient depuis longtemps abandonné ces sombres arpents de terre depuis qu’une rumeur circulait sur des humains qui auraient été soudainement et mystérieusement transformés en saucisses de foie.

« Ce sanglier tombe à pique pour faire un nouveau sujet d’études ! Je m’occuperai plus tard du vin. Je suis sûre de réussir cette fois-ci à changer cette bestiole puante et grassouillette en un oiseau léger et élégant, et suffisamment futé de surcroît pour porter des messages à travers le vaste monde. Comme cela je pourrai avec un peu de chance correspondre avec le CNED (Colisée Nemetocien d’Education des Druides) et compléter ma formation. »

Il faut savoir que changer des animaux en d’autres animaux faisait partie intégrante de la formation de Calie, comme de tous les prêtres et des druides de Gaule. Il apparaissait parfois fort utile de pouvoir changer un loup furibond en un lapin raplapla, ou un crapaud en pigeon voyageur. Le Grand Prêtre avait d’ailleurs fait les frais des tentatives brouillonnes de Calie, puisqu’il s’était vu transformé en chèvre par inadvertance avant d’avoir pu lui enseigner la formule pour remettre les choses dans leur état premier. Le pauvre Grand Prêtre, ou du moins la chèvre qu’il était devenu, s’était par la suite bravement battu contre les chasseurs mais c’était la mère Seguin, patronne de l’auberge de Nemetocenna, qui avait eu le dernier mot pour sa carbonnade.

Depuis, rongée pas la culpabilité, elle s’entraînait à chaque fois qu’elle en avait l’occasion sur les sangliers qui passaient à proximité. Les résultats n’étaient pas encore probants et le dernier malheureux cochonnidé avait été changé en chapelure (moins pratique pour envoyer des messages). Calie s’arma de son livre et se concentra sur l’image d’un oiseau niais et duveteux, s’apprêtant une fois de plus à lancer une tentative de sort.

C’est alors qu’elle aperçu l’être étrange qui s’approchait de sa hutte, il ne s’agissait nullement d’un sanglier, mais d’un bipède, bien que presque aussi poilu et dégageant un fumet presque aussi prononcé qu’un sanglier.

Un Gaulois.

ARCHIBALD


"Ce qu'il fait noir dans cette forêt... Et en plus, c'est bourrée de branches d'arbres qui ont la fâcheuse habitude de te revenir en pleine figure...."

C'est alors qu'Archibald, grommelant, une branche d'arbre accroché dans ses cheveux arriva dans une clairière. D'un coup d'œil rapide il vit une hutte et.... Une femme !!! Tout cela sans voir une piégeuse racine, dépassant légèrement du sol.

VLAN !!!!!!!!!!!!!!!

Archibald se retrouva allongé de tout son long au milieu de la clairière, sa hache à la main, une branche d'arbre toujours accrochée dans ses cheveux... Se redressant maladroitement, il se permit d'apostropher la jeune demoiselle:


"Euh, Salut beauté, elle est sympa l'histoire de votre bouquin? Ah euh, sinon, je me nomme Archibald, je vient de loin, du pays Carnute, et je me demandais, elle serait pas un tout p'tit peu magique cette forêt, avec toutes ces branches et ces racines qui m'obligent à me présenter devant vous de façon particulièrement... Fracassante !!"

Sur ces paroles, Archibald se dépoussiéra un peu, pour la forme, et s'approcha de cette curieuse femme, perdue au milieu de cette foutue forêt, afin de la saluer.

CALIE

A la vue de l’être gauche à la démarche vaguement humaine qui venait de faire son apparition dans la clairière, Calie se surprit à regretter qu’il ne se fut pas agit d’un sanglier. Au moins le sanglier était comestible, pour peu qu’on ne le transforme pas malencontreusement en éponge. Elle ferma le livre de magie qu’elle tenait à la main et se demanda si la branche qui émergeait de la chevelure hirsute de l’homme qu’elle avait en face d’elle avait poussé là toute seule ou si elle avait été placée là exprès. La mode chez les citadins avait toujours plongé Calie dans des abymes de perplexité, mais vu son apparence, cet homme venait visiblement de la campagne, voire de la plus arriérées des cambrousses barbares.

« Cela fait quelque temps que personne n’a eu le courage de s’aventurer jusqu’ici dans la forêt. Les branches sont basses et les animaux lunatiques. Je suis Calie, l’enchanteuse de cette forêt. Enfin presque... »

Calie voulu poser le livre sur le coin de la table, toujours absorbée dans la contemplation de la branche coincée dans les cheveux de l’homme, mais le livre bouscula une coupe sur la table, qui chancela et renversa une fiole, déversant son contenu qui coula sur la table jusqu’au sol en dégageant une odeur de champignons à l’ail. Dans un mouvement pour rattraper la fiole, Calie bouscula un haut tabouret qui alla s’affaler le long du mur, entrainant dans sa chute une botte de navets et un bocal de poudre rose. Les navets couverts de poudre roulèrent de la table sur le sol, juste dans la flaque du liquide échappé de la fiole, ou ils se transformèrent instantanément en méduse au contact du liquide. Devant l’air ahuri de l’homme, Calie regardait la méduse comme si c’était la chose la plus naturelle du monde.

« Vous avez raison, la forêt est en quelques sorte enchantée. Bien que les méduses se fassent rares ces temps-ci… En réalité, la raison pour laquelle je suis là est précisément d’enchanter les lieux, avec l’aide du Grand Prêtre (que la Lumière veille sur lui, et sur les chèvres). Je travaille la magie qui permettrait de ratiboiser tout ce désordre plein d’arbres et de bestioles sans que cela prenne des années aux villageois, car j’étudie la possibilité de développer la culture du chicon dans la région. En effet, la population de Nemmetocenna grandit et il ne restera bientôt plus que des glands à manger. Et même au gratin, ce n’est pas terrible… »

Le regard de Calie passa de la branche dans les cheveux de l’homme jusqu’à la hache qu’il avait à la main.

« Bien entendu, la magie ne pourra pas régler toutes les démarches auprès de l’ONF (Ordre Némétocennien du Forum) qui gère les POS (Parcelles Originales Sylvaines) mais c’est une aide précieuse en matière agricole. En principe (coup d’œil aux navets devenu méduse)... Mais vous n’êtes sans doute pas venu jusqu’ici pour parler potager. Entrez donc et dites-moi ce qui vous amène. »

Calie fit volte face, et rentra dans la hutte en enjambant la méduse qui trônait toujours au milieu du passage.

ARCHIBALD

Voyant ce qu'il venait de ce passer, Archibald n'en croyait pas ces yeux... Une méduse par terre... Rejoignant Calie dans sa tente, il s'arrêta quelques temps devant ce corps gélatineux... Dans ces pensées, Archibald se dit:

"est-ce possible que ces pauvres navets enduits de poudre et trempés dans ce curieux liquide se soient changés en méduse ? Si cette jeune femme est capable d'une telle magie, c'est qu'elle doit être extrêmement puissante..."

C'est alors qu'Archibald y vit un intérêt certain: qu'elle use de sa magie pour aider Archibald dans sa quête de cervoise ! Peut-être serait-elle capable de créer une cervoise parfaite: LA cervoise des Dieux ! Bon pour l'instant, Archibald été invité à entrer dans l'humble demeure de cette magicienne, qui bien qu'un peu maladroite, avait de véritables pouvoirs. Et pour les gaulois, être invité chez une femme sous-entendait bon nombre de chose... Mais bon:

"Elle ne doit pas être au courant des uses et coutumes des Carnutes... Ah ces gens du Nord, il fait si froid dans leur campagne qu'ils se sentent obligés d'inviter les gens chez eux. A moins qu'elle soit déjà tombée sous mon charme..."

Archibald entra donc dans cette hutte. Prit place sur la chaise que lui tendait Calie et lui expliqua:

"Bonjour, jolie jeune femme, Comme je vous l'ai déjà dit, je me nomme Archibald, je suis chef d'un village gaulois situé en pays Carnute et... Et je suis de passage à Nemetocenna pour des vacances bien méritées. Je me suis aventuré dans cette forêt car j'ai remarqué quelque chose d'étrange, ou plutôt de magique dans cette forêt. Et j'ai donc voulu en avoir le cœur net. Et vous madame, ou devrais-je dire mademoiselle, vous ne vous sentez pas trop seule au beau milieu de cette forêt ?"

Puis, Archibald s'arrêta, il venait de repérer l'amphore au fond de la pièce: peut-être de la cervoise ?

"Euh, excusez moi mais cette promenade m'a donné grand soif, auriez vous quelque chose à boire. Qui préservera mon intégrité physique, j'entends bien !"

CALIE

Calie suivit le regard d’Archibald pendant qu’il prenait place sur la chaise qu’elle lui tendait et comprit qu’il regardait l’amphore.

« Je ne vous conseille pas de goûter au contenu de cette amphore, elle contient du jus de cho-seth fermenté, un lichen qui pousse par ici que l’on fait macérer dans de la bile de sanglier. Ce breuvage sert pour quelques potions, mais là je crois que la date de péremption est dépassée… Votre intégrité physique risquerait d’être réduite à sa plus simple expression. Par contre je peux vous offrir de la cervoise, un colporteur qui venait du pays au nord d’ici m’en a justement livré récemment. Ils ont un accent bizarre par là-bas, mais ils font de la bonne cervoise. »

Sur ces mots, Calie ouvrit un coffre en bois contre le mur, le referma, en ouvrit un autre, le referma, en ouvrit un troisième et finit par en sortir une amphore qu’elle posa sur un trépied sur la table. Elle posa deux cornes à boire sur la table, s’avisa de la limace se trouvant dans l’une d’elles et reprit précipitamment les cornes en rougissant légèrement.

« Les limaces d’ici adorent la cervoise, elles doivent être gauloises… »

Calie lava les cornes à grand renfort d’éclaboussures, les ramena sur la table et y servit de la cervoise.

« Sauf votre respect, c’est une drôle d’idée de venir passer ses vacances par ici, vous aviez trop chaud au pays Carnute ? Les gens préfèrent en général aller du côté de Massilia. Evidemment il faut pouvoir partir longtemps, c’est loin Massilia en char à bœuf… Je vous avoue que je prendrais bien des vacances également, mais les conditions de travail des enchanteurs n’ont cessé de se dégrader ces dernières années : le prix des produits magiques n’en finit pas d’augmenter et le peu de personnes élevés au statut d’enchanteurs nous oblige à travailler seuls dans des coins paumés. Vous avez raison, cela me fait du bien d’avoir un petit peu de compagnie, on finit par causer toute seule avec le temps. Et on commence à boire de la cervoise toute seule et c’est le début de la fin… »

Calie porta la corne à ses lèvres et constata qu’Archibald avait déjà vidé la sienne. Calie se retint de regarder par terre pour voir s’il l’avait renversée ou bien si c’était lui qui fuyait. Elle lui resservit une corne.

« Moi je viens de Brittania mais il y avait déjà beaucoup de druides et d’enchanteurs là-bas, c’est très à la mode, comme s’ils s’imaginaient que dans 20 siècles on retrouvera encore les pierres avec lesquelles ils s’amusent, ils en mettent partout, ils les dressent, les entassent, à croire que l’humidité leur ramollit la cervelle. Ils sont fous ces Brittains. Du coup j’ai répondu à une annonce disant qu’on recherchait un apprenti enchanteur à Nemetocenna. J’ai eu un peu de mal à m’adapter au climat, un peu sec, mais le travail est intéressant. »

Calie stupéfaite vit Archibald terminer d’un seul coup sa deuxième corne de cervoise. Elle ne pensait pas qu’un être humain normalement constitué puisse boire autant de cervoise en aussi peu de temps.

« Vous devriez boire moins vite, ce n’est pas de la cervoise gauloise que l’on boit en regardant des jeux de balles, c’est de la cervoise de Belgica, elle est plus forte… Mais dites-moi, pourquoi cherchez-vous une forêt enchantée ? Est-ce que ma magie peut vous aider ? »

ARCHIBALD

Archibald était heureux de trouver enfin quelqu'un à qui parler. Une jeune femme de surcroit.. Et dotée de pouvoirs étonnants. Il répondit alors aux questions de la jeune enchanteresse:

"Je ne cherchais pas à proprement parler une forêt enchantée. Je suis tombé dessus par hasard, aux grès de mes déambulations à Nemetocenna. Mais j'avoue être très impressionné par votre magie. Celle-ci me serait d'une très grande utilité pour écraser cette vermine de romains"

Sur ces paroles, Archibald frappa du poing sur la table... Puis se rendant compte de son excès de fureur s'excusa:

"Excusez mon énervement, je m'emporte... C'est cette Rome, cette cité de pacotille... mais un jour, vous dis-je, nous marcherons sur Rome, nous Gaulois, barbares, celtes, carthaginois et j'en passe, nous marcherons sur Rome !!!"

Puis, Archibald réfléchit:

"Et votre magie pourrait m'être d'une grande utilité.. Vous pourriez transformer un homme en limace ? Il vous faudrait me suivre lors de mes batailles et transformer tous ces ennemis en limaces.. Ou en cloporte..."

Un instant de réflexion et Archibald reprit:

"Enfin, vous pourrez les transformer en tout ce qui est petit, moche et sans danger pour mes combattants."

Puis Archibald regarda le visage de cette jeune Calie et ajouta:

"Donc évidemment, je vous propose un poste à mes côtés...Hum... De plus... Un grand guerrier est souvent un homme très seul... Et une présence féminine ..."

Sur ces paroles, Archibald rougit et s'envoya une troisième coupe de cervoise.

CALIE

Calie était également heureuse d’avoir de la compagnie, bien qu’elle fit un effort pour ne pas trop le montrer. Il n’aurait pas fallu que cet homme s’emballe, quand même… Mais sa vie était devenue si solitaire que cela lui faisait du bien de discuter avec autre chose que les meubles. Et puis boire sa cervoise toute seule dans un taudis perdu au milieu d’une forêt déserte, ça avait un côté désespérant.

« Présence féminine ? Euh, je ne suis pas certaine de vous suivre… »

Calie voyait à peu près ce qu’il voulait dire mais préféra noyer le poisson pour éviter de s’enliser dans des explications fumeuses avec cet homme qu’elle venait tout juste de rencontrer.

« Il faut déjà avoir une bonne dose de courage, de curiosité ou d’inconscience pour entrer comme cela dans une forêt inconnu et réputée dangereuse. Vous parlez des romains, eux-mêmes, tout cuirassés et casqués qu’ils sont, ils n’entreraient dans cette forêt que si Mars en personne était à leurs trousses. Ca arrive rarement, il faut l’admettre… »

A ce moment, une petite boule de poils traversa à toute vitesse la table et sauta sur les genoux de Calie, à la plus grande stupéfaction d’Archibald. Calie prit la bestiole dans une main et se mit à la caresser avec l’autre main.

« N’ayez crainte Archibald, c’est Lexomile ma gerbille, elle me tient compagnie. C’est idiot mais je trouve sa présence réconfortante quand je me sens trop seule ou que j’ai encore foiré mes potions. »

Calie regarda Archibald, craignant un instant que quelque réflexe rustique du Gaulois ne le fasse se jeter machinalement sur la pauvre gerbille.

« Je pourrais peut être vous aider à lutter contre les Romains. Il paraît qu’en Brittania, d’où je viens, certains villages sont particulièrement rebelles et leur causent du souci. Je dois avouer que moi-même je ne les porte pas spécialement en affection. Et puis leurs us vestimentaires font preuve d’un invraisemblable mauvais goût… Mais vous avez dû le constater, ma maîtrise de la magie est loin d’être parfaite.

Calie jeta un œil compatissant à la gerbille, toujours blottie au creux de sa main.

« Vous ne devinerez jamais quel animal était Lexomile avant d’être changée en gerbille… C’était un chien de garde énorme que j’avais pris pour me protéger des intrus. J’ai juste voulu rendre son odeur moins prononcée… Évidemment une gerbille ça sent moins, je n’ai pas tout perdu. Enfin pour ce qui est de me protéger, je dois plus compter sur mon épée désormais. Tout ça pour dire que je peux essayer de changer les légions romaines en armée de limaces, mais je ne garantis pas le résultat à chaque fois. Il faudra être patient. D’ailleurs je préfèrerais en escargot, au moins ça se mange et c’est délicieux avec un beurre persillé !

Calie se rappela soudain la dernière phrase d’Archibald et sentit ses pommettes s’empourprer.

« Quand à vous accompagner… Euh. Il est vrai que j’ai souvent souhaité quitter cette forêt de malheur, aller courir le monde, voir autre chose que Nemmetocenna et rencontrer d’autres gens que les Nemmetoceniens qui ne pensent qu’à boire et à monter des roues alliage sur leurs chars ou des selles baquet sur leurs chevaux (qui sont souvent des bourriques, d’ailleurs)… Et puis j’aimerais revoir ma Brittania. »

Calie leva les yeux vers Archibald.

« Par contre il faudrait que j’emmène mes potions et mes livres de magie, et puis quelques bricoles indispensables… Où allons-nous au juste ? Quand partons-nous ? Est-ce qu’il y aura une baignoire ? Euh… C’est décidé, je pars avec vous, ça me fera du bien de voyager et d’avoir un peu d’activité. Et une présence… masculine… ne me fera pas de mal non plus… »

Calie estima que le moment était bien choisi pour se resservir une cervoise.

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Archibald était très content de ce qu'il venait t'entendre. Il regarda alors Calie et annonça:

"Mademoiselle, c'est décidé, je vous emmène !! Vous, vos livres, vos potions et bien évidemment votre charmant gerbille. un seul oui de votre part et je fonce chercher mon char. On y mettra vos affaires et on rentrera dans le pays Carnute."


Archibald attrapa sa corne et la vida d'un trait puis il poursuivit:

"Vous découvrirez mon pays et vous pourrez vous entraîner à la maîtrise de la magie. De plus, vous m'avez l'air d'être une personne très réfléchie. Vous pourrez donc venir avec moi lors de mes voyages pour m'aider à l'art de la diplomatie."

Archibald regarda son verre vide... regarda Calie d'un air interrogateur et poursuivit:

"Calie, je vous invite à devenir une grande gauloise, Le bas droit d'un grand chef de guerre !! Je n'attend que votre réponse pour aller chercher mon char !"
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Re: Rencontre à Nemetocenna

Message par Sokha le Lun 6 Déc - 17:56

ah ouais mais tu triches là : le forum de VV existe toujours ! C'est trop facile !

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